Vous avez dit « demandes farfelues » ? - Partie 1

Vous connaissez l’adage : le client a toujours raison. Ou pas…

 

Dans le cadre de notre offre de prestations éditoriales, c’est généralement moi qui prends en charge les entretiens préliminaires – et, non, cela n’a rien de sexuel. Il s’agit avant tout de faire le point avec un auteur sur son projet et ce qu’il attend de nous afin de le mener à terme. Rien de croustillant, donc, que du sérieux !

 

Nous discutons de ses objectifs – autopublication ou recherche d’éditeur – et de ses avancées.

Le livre est-il déjà écrit ou encore en gestation ? Dans le premier cas, nous pouvons évaluer et/ou corriger son œuvre ; dans le second, nous allons plutôt lui conseiller une structuration, afin qu’il puisse par la suite se lancer sereinement dans l’écriture, etc.

Bref, nous balayons l’ensemble de ses attentes et des accompagnements que nous proposons. Coaching en écriture, en marketing d’auteur, maquettage technique, analyse d’un contrat d’édition… selon la ou les demandes de l’auteur, nous nous partageons ensuite le travail, Hélène et moi, en fonction des spécificités et du planning de chacune.

 

En général, il est assez simple de cibler ce dont le client a besoin et de lui apporter les réponses qu’il attend. En général…

Parce qu’il arrive parfois que, lors de ces entretiens préparatoires, l’auteur me réserve quelques surprises ! Ou, disons-le avec délicatesse, que ses demandes et attentes se révèlent un tantinet farfelues.

 

La plus fréquente d’entre elles – mais la non moins déconcertante – est la question à mille points : est-ce que ce sera payant ?

Oh, oui, je conçois parfaitement qu’un auteur est très rarement l’héritier d’un magnat du pétrole ou d’un géant de l’industrie pharmaceutique. Les clients qui s’adressent à Hélène et à moi sont, en général, dans la même situation financière que la nôtre : on serre les dents, les fesses, enfin tout ce qu’on peut serrer, et on avance.

Donc, chaque sou compte. Ceci dit, il ne me viendrait pas à l’esprit de demander à la boulangère de me refiler sa croustillante baguette gratis. Et j’ai beau avoir l’habitude, je ne peux m’empêcher de sourire jaune lorsqu’un auteur nous sollicite pour corriger à l’œil un roman de cinq cents pages, parce que bon, c’est de l’art et que l’art, hein, ça n’a pas de prix !

Mais si, cela a un prix. Nous faisons très attention à ne pas surfacturer nos prestations et nous aimons profondément ce que nous faisons. Mais c’est très bizarre : en même temps, nous devons manger et payer la boulangère.

 

Ce n’est pourtant pas la catégorie la plus farfelue dans les demandes les plus farfelues.

Car, outre celui qui voudrait une prestation gratuite, il y a aussi celui qui souhaite payer en nature. Je vous vois venir, mais non, désolée de vous décevoir, ça n’a toujours rien de sexuel ! Cet auteur – qui, étrangement, n’est pas devenu un client – m’a proposé des produits de beauté en échange d’une correction de son texte. Pas très pratique pour régler ses impôts, par exemple, je vois déjà la scène !

 

Ou encore – et cette fois, oui, c’est presque sexuel ! –, il y a ce jour mémorable où j’ai eu la surprise de découvrir la chaîne YouTube d’une influenceuse : elle souhaitait me faire retranscrire des vidéos liées à des conseils beauté et nutrition. En fait de beauté et de nutrition, c’était surtout des vidéos pornos…

Peut-être aurions-nous dû accepter la mission, finalement. Au moins, la transcription des dialogues n’aurait pas été très compliquée !

 

D’autres anecdotes à venir prochainement, dans la seconde partie de cet article…